Au cours d'une vie, certaines personnes nous dégoûtent, révoltent, ou déçoivent. Les espoirs trop souvent déçus eux aussi, entraînent mélancolie et frustration. Je voudrais tellement parvenir à dire à toutes les personnes que j'aime, que je les aime, mais je n'y arrive pas, peut-être par orgueil, ou parce que trop peu de choses sont communicables. Tellement peu... Je m'assois dans un coin et tente de faire le point sur mon existence. Évidemment je vois surgir comme des évidences, les échecs, et les réussites ont déserté.Je suis pessimiste par nature.
Je suis pessimiste par nature et ce "je" me révulse. Je flâne en quête d'une touche d'originalité. Je cherche du nouveau à me mettre sous la dent car ma plume se casse. Et lorsque l'encre déborde sur mon papier A4, mon cerveau s'assombrit de même et les mots se mélangent pour mieux se confondre. Alors j'admets ma défaite contre l'écriture, je marmonne un peu et enfouis ma rancune comme un secret honteux, au fond d'un sac un peu rêveur. Un peu rêveur oui... Pourquoi vouloir créer du sens, là où rien n'a de sens. Je pense à tout ce temps perdu et qui jamais ne pourra être regagné. À présent que ma vie est entamée, il faudra bien la finir, on dirait que les gens la consomment à la façon d'un produit industriel, ils l'engloutissent méticuleusement, méthodiquement, rigoureusement, sans y penser. À quoi bon y penser, lorsqu'on flaire un danger incontournable, si on en a l'occasion, autant l'éviter, au lieu de l'affronter avec un courage idiot. Nous nous trompons, je le sais bien, la vie est un bonbon aux mille saveurs, délicieuses ou infectes, un bonbon aux arômes unifiés en un résultat bancal, mais dont il faudra bien se contenter.
dimanche 27 juillet 2008
mardi 15 juillet 2008
Entre Benoît Dorémus et Grand Corps Malade, mon coeur balance
Chacun possède en lui le désir d'être artiste, mais la plupart renonce. Moi je persiste malgré ma plume maladroite qui s'effrite. J'essaye de progresser, dans l'espoir secret de voir un jour un ouvrage naître de mes entrailles. C'est dans ce but unique, ou presque je crois, que je m'obstine à dissimuler ce fond coloré derrière des lettres d'or. Tant que j'arrive à le faire, tant que mon clavier n'est pas en panne, c'est sans doute qu'il y a de l'espoir. Ma prof de philo disait que l'une des causes de l'existence de l'art, c'était le désir des hommes de laisser une trace, car l'oubli de leur passage pourtant si fugitif les angoissait depuis toujours. Cette peur persistera tant qu'il y aura des hommes, c'est certain.
Je n'aime pas ce que j'écris, c'est à en pleurer.Mes débuts de romans partent en fumée et je pousse un soupir de déception amère devant l'échec. Ce (trop vulgairement appelé) blog est en quelque sorte une échappatoire pour me permettre de satisfaire malgré tout ma fascination pour l'écriture. Je voudrais tant connaître le secret de mes chanteurs à textes: comment font-ils en sorte que je tombe amoureuse de leurs écrits? C'est un mystère qu'il me faudra élucider afin de progresser. Alors je les écoute en boucle, et j'essaye de lire le plus possible malgré le peu de temps que j'ai l'occasion de consacrer à cette activité pourtant tellement plus productive que toutes celles je nous effectuons en temps de vacances. J'apprends le métier...
Je n'aime pas ce que j'écris, c'est à en pleurer.Mes débuts de romans partent en fumée et je pousse un soupir de déception amère devant l'échec. Ce (trop vulgairement appelé) blog est en quelque sorte une échappatoire pour me permettre de satisfaire malgré tout ma fascination pour l'écriture. Je voudrais tant connaître le secret de mes chanteurs à textes: comment font-ils en sorte que je tombe amoureuse de leurs écrits? C'est un mystère qu'il me faudra élucider afin de progresser. Alors je les écoute en boucle, et j'essaye de lire le plus possible malgré le peu de temps que j'ai l'occasion de consacrer à cette activité pourtant tellement plus productive que toutes celles je nous effectuons en temps de vacances. J'apprends le métier...
lundi 14 juillet 2008
Je voudrais éviter la référence à la fatigue dans le titre pour une fois
Après l'hibernation qui a duré plusieurs jours, c'est la tendance extrême et inverse: l'éclate TOTAAAAAAAAALE! Ciné, bowling, boîte (même si je déteste ça), soirées pizzas-dvd, balades à vélo, feu d'artifice... Nous avons regardé le défilé en direct des Champs Elysées avec des yeux éclatés et pleins d'indignation face à une concentration aussi forte de ridicule. Mais être hyper-actif, ça a de bons côtés. Ça permet de ne pas trop penser, car dans mon cas, cela peut devenir une véritable torture. Mes idées ne se sont pas bien posées, le tourbillon ne s'est pas encore calmé. Et pourtant j'aimerais pour une fois, réussir un article. Un texte qui soit digne d'être lu. Compris. Approuvé. Et pourquoi pas discuté. Mais je n'y arrive pas. Point positif: j'ai un bel ordi tout neuf pour mon studio au Mans!
Bientôt l'indépendance. J'ai un peu peur, peur d'échouer et de déçevoir. Peur d'avoir parcouru tout ce chemin pour rien. Peur aussi car j'ai pris conscience que j'avais englouti 18 ans de mon existence sans me retourner, et sans m'en aperçevoir avant la période post-bac. C'est comme ça. J'ai tellement rien à dire que l'envie de déballer ma vie me démange affreusement. C'est marrant, j'ai toujours une période creuse pendant les vacances d'été. Coupure d'inspiration. Ça reviendra à la rentrée. Mais j'aurai arrêté d'alimenter ce blog, pour aller me réfugier ailleurs. Je suis une nomade du net. Tient, ça faisait une éternité que je n'avais pas sorti un truc aussi con, une nomade du net, ah ah ah... N'importe quoi, pathétique. C'est peut-être la faim et la fatigue qui me tournent la tête. Ou alors l'abus de produits halucinogènes.
Maxence a une plante carnivore. C'est marrant de voir ses "dents" se refermer sur des fourmis ou des mouches à demi-mortes. Les bouches de la plante se rabattent sur leurs victimes plus rapidement que je ne le pensais.
Bientôt l'indépendance. J'ai un peu peur, peur d'échouer et de déçevoir. Peur d'avoir parcouru tout ce chemin pour rien. Peur aussi car j'ai pris conscience que j'avais englouti 18 ans de mon existence sans me retourner, et sans m'en aperçevoir avant la période post-bac. C'est comme ça. J'ai tellement rien à dire que l'envie de déballer ma vie me démange affreusement. C'est marrant, j'ai toujours une période creuse pendant les vacances d'été. Coupure d'inspiration. Ça reviendra à la rentrée. Mais j'aurai arrêté d'alimenter ce blog, pour aller me réfugier ailleurs. Je suis une nomade du net. Tient, ça faisait une éternité que je n'avais pas sorti un truc aussi con, une nomade du net, ah ah ah... N'importe quoi, pathétique. C'est peut-être la faim et la fatigue qui me tournent la tête. Ou alors l'abus de produits halucinogènes.
Maxence a une plante carnivore. C'est marrant de voir ses "dents" se refermer sur des fourmis ou des mouches à demi-mortes. Les bouches de la plante se rabattent sur leurs victimes plus rapidement que je ne le pensais.
lundi 7 juillet 2008
Après la danse
"Dans le pays on l'appelait l'Alouette. Le peuple, qui aime les figures s'était plu à nommer ce petit être pas plus gros qu'un oiseau tremblant, effarouché et frissonnant, éveillé le premier chaque matin dans la maison et dans le village, toujours dans la rue ou dans les champs avant l'aube. Seulement la pauvre Alouette ne chantait jamais."
Les misérables - Livre I
Mes yeux parcourent ces quelques lignes et s'embuent de larmes. Je n'ai jamais, ou si rarement, vu quelque chose d'aussi beau. Je lis le paragraphe encore une fois. Oui décidemment, c'est beau. C'est foisonnant d'images, c'est riche de sens, ce sont des mots comme je les aime. La petite Cosette a été douloureusement abandonnée par sa mère qui l'a confiée aux Thénardier. Comme quoi le malheur peut être splendide, la preuve. D'ailleurs les plus beaux livres de la littérature sont aussi les plus tristes.
Quoi de plus évident, en prépa, si on veut bien partir, il faut lire. Et lire beaucoup. Alors je lis. Les misérables, par exemple. À peine en vacances, et déjà des devoirs pour septembre. La liste de mes bibliographies doit faire une dizaine de pages. Ce qui n'est pas pour me déplaire, loin de là. Mais c'est qu'il y a des préparations à faire de surcroît. En philo par exemple. Alors, comme à mon habitude, je détourne la difficulté et je retarde le moment de m'y mettre, en me cachant derrière les bouquins de français qui eux, ne sont pas vraiment obligatoires... Mais ça va le faire.
C'est le bordel partout aujourd'hui: il pleut, le ciel est gris, ma chambre n'est pas beaucoup mieux, et ne parlons pas de ma tête. Même la musique qui sort de la radio est bordelique. Étrange aussi, mais pas désagréable. Un rayon de soleil. Je voudrais écorcher mes doigts avec une plume, les maculer d'encre. Mais je n'y parviens pas.
Le bruit que je déteste le plus au monde, c'est celui des tiroirs tirés avec violence, celui des couverts qui sonnent, des assiettes qui s'empilent, des chaises qui grincent.... Le bruit du déjeuner. Il va falloir y aller. Je suis pourtant tellement mieux, avachie derrière mon écran à me bousiller les yeux, le dos et les quelques neurones qu'il me reste.
Il existe une période post-examens que l'on appelle la retombée adrénalienne (quel orgueilleux cet "on", alors...). Au cours de cette période, l'individu dort beaucoup, a une flemme hors-normes, une efficacité réduite à son minimum, et une envie d'être utile proche du zéro. Après le trop-plein, le néant. Et l'étudiant se gave de bonbons en regardant des épisodes de Death Note en jap sous-titré anglais, et en se donnant bonne conscience: bah oui, je perfectionne ma bilingualité! Sinon il aire (fameux néologisme) sur des sites de geeks et regarde d'un air songeur des vidéos en prose sur youtube, à la recherche d'une bouffée d'air frais, en quête d'un peu d'inspiration. Ah! Ça fait du bien.
Allez, je repars ne rien faire, fermer les yeux, les rouvrir, pour mieux continuer à tisser cet amâs hétérogène, ces lignes incompaptibles.
Les misérables - Livre I
Mes yeux parcourent ces quelques lignes et s'embuent de larmes. Je n'ai jamais, ou si rarement, vu quelque chose d'aussi beau. Je lis le paragraphe encore une fois. Oui décidemment, c'est beau. C'est foisonnant d'images, c'est riche de sens, ce sont des mots comme je les aime. La petite Cosette a été douloureusement abandonnée par sa mère qui l'a confiée aux Thénardier. Comme quoi le malheur peut être splendide, la preuve. D'ailleurs les plus beaux livres de la littérature sont aussi les plus tristes.
Quoi de plus évident, en prépa, si on veut bien partir, il faut lire. Et lire beaucoup. Alors je lis. Les misérables, par exemple. À peine en vacances, et déjà des devoirs pour septembre. La liste de mes bibliographies doit faire une dizaine de pages. Ce qui n'est pas pour me déplaire, loin de là. Mais c'est qu'il y a des préparations à faire de surcroît. En philo par exemple. Alors, comme à mon habitude, je détourne la difficulté et je retarde le moment de m'y mettre, en me cachant derrière les bouquins de français qui eux, ne sont pas vraiment obligatoires... Mais ça va le faire.
C'est le bordel partout aujourd'hui: il pleut, le ciel est gris, ma chambre n'est pas beaucoup mieux, et ne parlons pas de ma tête. Même la musique qui sort de la radio est bordelique. Étrange aussi, mais pas désagréable. Un rayon de soleil. Je voudrais écorcher mes doigts avec une plume, les maculer d'encre. Mais je n'y parviens pas.
Le bruit que je déteste le plus au monde, c'est celui des tiroirs tirés avec violence, celui des couverts qui sonnent, des assiettes qui s'empilent, des chaises qui grincent.... Le bruit du déjeuner. Il va falloir y aller. Je suis pourtant tellement mieux, avachie derrière mon écran à me bousiller les yeux, le dos et les quelques neurones qu'il me reste.
Il existe une période post-examens que l'on appelle la retombée adrénalienne (quel orgueilleux cet "on", alors...). Au cours de cette période, l'individu dort beaucoup, a une flemme hors-normes, une efficacité réduite à son minimum, et une envie d'être utile proche du zéro. Après le trop-plein, le néant. Et l'étudiant se gave de bonbons en regardant des épisodes de Death Note en jap sous-titré anglais, et en se donnant bonne conscience: bah oui, je perfectionne ma bilingualité! Sinon il aire (fameux néologisme) sur des sites de geeks et regarde d'un air songeur des vidéos en prose sur youtube, à la recherche d'une bouffée d'air frais, en quête d'un peu d'inspiration. Ah! Ça fait du bien.
Allez, je repars ne rien faire, fermer les yeux, les rouvrir, pour mieux continuer à tisser cet amâs hétérogène, ces lignes incompaptibles.
samedi 5 juillet 2008
La baie de lauriers
Nuit du 3 au 4: Au lieu de dormir, je pense. Il y a des jours comme ça où l'on se sent terriblement insignifiant. Alors que la veille, on se croyait tout puissant et prêt à se saisir du monde, voilà que l'on se sent étonnamment proche des fourmis et des arraignées qui grouillent dans nos jardins et nos maisons. On songe à notre vie passée et on a un peu peur de l'avenir. J'étais pleine de confiance, et subitement, une petite voix anxieuse et désespérée à crié en moi: "Et si jamais?!". C'était la voix que j'ai appris à connaître au fil des années, et qui m'est aujourd'hui bien familière. C'était celle du doute. Si jamais? Si jamais ça ne marchait pas? Et si finalement j'avais eu tort... Vers la fin de la nuit enfin, épuisée je m'endors. Pour me réveiller sur les coups de 7h30. Mais je retarde au maximum, le moment tragique où je devrais me lever pour aller à mon destin. Je m'habille et mange un bout de cake à l'arrache, même pas eu le temps de finir mon thé parce qu'il me brûlait trop la langue.
Alors je suis sortie. Et plus j'avançais du lieu, plus je tremblais, plus mon coeur battait. Enfin, je n'ai plus eu aucune sensation des pieds jusqu'aux genoux. Je suis arrivée devant le bâtiment. Qui m'a semblé immense, bien trop immense. Des gens en surgissaient les larmes aux yeux, recroquevillés sur une petite feuille A4. J'ai pénétré dans la cour. Il y avait là une foule de jeunes gens totalement informe pour moi en cet instant que je ne pourrais qualifier que d'étrange et de surréaliste. Je n'ai vu qu'une chose: les panneaux d'affichage. J'avance, je cherche le numéro de mon jury avec des yeux perdus. Il est là. Regard vertical: Je cherche mon nom, mon nom, mon nom... Là! Regard horizontal: mention AB. Comme par mécanisme, mes yeux se remplissent de larmes de soulagement et je tombe dans les bras de maman. C'est fini!
J'entre dans le hall du lycée où deux ou trois personnes donnent une photocopie des relevés de notes à tout le monde. Il y a une table pour chaque numéro de jury. Il y a deux paquets sur chacune des tables: "admis", "rattrapage". Je me présente, les yeux encore rouges.
- Recallée? Me demande le garçon d'un air grave et compréhensif.
- Non, non admise!
J'ai envie de le lui crier, de lui chanter à tue-tête que je l'ai ce p****n de bac qui m'a fait stresser comme une folle pendant des semaines, que ça y est, je l'ai, je l'ai, je l'ai!!! Mais trop polie, je n'en fais rien.
Il prend le paquet des admis, ah... ce paquet... et il me tend ma feuille.
Bon, des notes plutôt en accord avec celles de l'année passée, à part la note d'italien, mais je m'y attendais un peu, bien que ce soit amèrement. Toujours est-il que j'ai des notes correctes ou très correctes dans toutes mes matières littéraires! Et ça, c'est une belle récompense. Un tsunami de coups de téléphone et de mails plus tard, je vais fêter le bac de ce pas.
Alors je suis sortie. Et plus j'avançais du lieu, plus je tremblais, plus mon coeur battait. Enfin, je n'ai plus eu aucune sensation des pieds jusqu'aux genoux. Je suis arrivée devant le bâtiment. Qui m'a semblé immense, bien trop immense. Des gens en surgissaient les larmes aux yeux, recroquevillés sur une petite feuille A4. J'ai pénétré dans la cour. Il y avait là une foule de jeunes gens totalement informe pour moi en cet instant que je ne pourrais qualifier que d'étrange et de surréaliste. Je n'ai vu qu'une chose: les panneaux d'affichage. J'avance, je cherche le numéro de mon jury avec des yeux perdus. Il est là. Regard vertical: Je cherche mon nom, mon nom, mon nom... Là! Regard horizontal: mention AB. Comme par mécanisme, mes yeux se remplissent de larmes de soulagement et je tombe dans les bras de maman. C'est fini!
J'entre dans le hall du lycée où deux ou trois personnes donnent une photocopie des relevés de notes à tout le monde. Il y a une table pour chaque numéro de jury. Il y a deux paquets sur chacune des tables: "admis", "rattrapage". Je me présente, les yeux encore rouges.
- Recallée? Me demande le garçon d'un air grave et compréhensif.
- Non, non admise!
J'ai envie de le lui crier, de lui chanter à tue-tête que je l'ai ce p****n de bac qui m'a fait stresser comme une folle pendant des semaines, que ça y est, je l'ai, je l'ai, je l'ai!!! Mais trop polie, je n'en fais rien.
Il prend le paquet des admis, ah... ce paquet... et il me tend ma feuille.
Bon, des notes plutôt en accord avec celles de l'année passée, à part la note d'italien, mais je m'y attendais un peu, bien que ce soit amèrement. Toujours est-il que j'ai des notes correctes ou très correctes dans toutes mes matières littéraires! Et ça, c'est une belle récompense. Un tsunami de coups de téléphone et de mails plus tard, je vais fêter le bac de ce pas.
Inscription à :
Articles (Atom)
