lundi 21 avril 2008

Mam'zelle Boule

J'étais tranquille, en proie à de violents accès de flemme sur mon canapé crème, lorsque le matou rapplique avec ses coussinets et ses poils dont l'activité favorite était de tomber sur mes rares vêtements sombres. Voilà la bête à moustaches affamée, cela va sans dire (sinon pourquoi viendrait-elle me faire des calins en surpopulation?) qui se frotte à mon bras inerte au bout duquel pendait une télécommande presque inutilisée.

Puis le chat tricolore aux teintes pour le moins singulières, commence à flanquer sa tête sous mon menton, lequel n'avait rien demandé. La bestiole colorée pensait sans doute me faire une manifestation d'amour puisque les humains (comme chacun des membres de cette espèce féline sait) se témoignent leur affection mutuelle par des caresses. L'intensité des calins n'a pas dimportance pour un animal avec un périmètre crânien de la taille d'une grosse noix. Après m'avoir fait un bleu au menton suite au choc avec les os de sa petite caboche, le miauleur érudit continue sa danse séductrice et très très paragmatique (comprendre: "j'ai faim, donne-moi à bouffer") en passant sa queue grise sous mon cou puis, fatiguée de ses ronronnements inutiles, le voilà qui finit par se flanquer sur mes genoux, en position boule, l'extrêmité de sa queue chatouillant de façon charmante le bout de son nez.

En larve télévisuelle accomplie, il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, je remue un peu mes muscles enquilosés et que je chasse les fourmis qui s'étaient traîtreusement glissées dans les veines de mes jambes paresseuses.

Ça n'a pas plu à la bête griffue aliénée. Son regard mielleux s'est métamorphosé en une fraction de seconde pour devenir inquiétant, cruel et belliqueux. Ne jamais réveiller le chat qui dort, on ne connait jamais tous les dégâts qui peuvent résulter d'une telle action.

L'animal furieux se jette sur mon bras, celui qui se complaisait dans sa position stoïque, et commence à lacérer mon épiderme de ses griffes postérieures (celles qui font plus mal encore car moins fréquemment utilisées).

Le bras légèrement humide de sa morsure, j'examine l'exploit de cette bête dérangée issue et délivrée de la SPA (grave erreur commise par une petite fille désireuse d'une boule de poils, six ans plus tôt).

La dite petite boule de poils monstrueuse sâchant pertinemment ou pour être exacte, instinctivement les conséquences engendrées par ses pulsions démoniaques, est partie se réfugier je ne sais trop où. À vrai dire je m'en moque. Elle m'a encore fait mal la garce.

Heureusement j'ai eu le temps de lui décocher un coup de pied bien placé. Je commence à avoir l'habitude: six ans que ce rituel se reproduit, à intervalles aléatoires, selon l'activité cérébrale d'un sac plein de poils, de griffes et de dents, mais malheureusement dépourvu du nombre de neurones nécessaires à une existence d'être vivant entrant dans les normes de mère Nature.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

O0uaaaffff!
Pourquoi tu dis du mal de moi?!!
signé Chance