samedi 19 avril 2008

Je me souviens

Je me souviens. On était tous gamins, tu sais.
Et dans l'insouciance de notre enfance, on jouait à en avoir des crampes.
C'est ça qui était beau. Le temps, on s'en foutait. On vivait que pour nous c'est ça qui comptait. On angoissait pas encore pour l'avenir ni même pour le présent qui ne serait bientôt plus là. Et puis sans qu'on s'en rende compte il s'est évanoui un soir.

Et on s'est perdu.

Mais mes souvenirs, à moi, sont restés gravés.

On jouait souvent dans cette cour, tu sais. Je m'en suis rappelé hier, pourquoi maintenant? Je sais pas. À cette époque je pensais à rien. Même pas à la fuite du temps. Je savais juste que c'était nous et personne d'autre et j'étais heureuse.

Insouciante.

Mais toi t'étais plus qu'un copain, un grand frère. Ouai, un grand frère avec qui j'ai un peu grandi. C'est peut-être pour ça que maintenant je recherche en permanence des amis et plus vraiment des amies.

De la nostalgie? Sûrement un peu. C'était beau nous deux, je nous aimais en train de jouer dans la cour goudronnée du collège. Y'avais le petit muret qui me séparait d'elle. On sautait par dessus. Il était couleur crème et rugueux au toucher. J'égratignais souvent mes petites mains de six ou sept ans dessus.

Je crois qu'on faisait du vélo aussi. Devant nos maisons. Et moi, j'étais aux anges. Parce que tu étais tous mes repères.

Et quand je suis partie, j'ai raturé rageusement mon passé. Et j'ai rencontré d'autres gens avec qui j'ai sympathisé. Plus ou moins. Mais souvent ils se connaissaient entre eux.

C'était des amis d'enfance. Ils avaient des souvenirs chers qui les unissaient.

Et moi pas.

Des fois je me dis que j'aimerais avoir à nouveau six ou sept ans.

Parce qu'un jour je t'ai revu. Tu avais presque dix ans de plus que la dernière fois. Comme moi exactement. Et ce n'était pas le toi du passé. Parce qu'on avait changé tous les deux. Normal.

Moi j'étais déçue.

Mais c'est pas grave. Parce que l'autre toi celui qui a dix ans, je l'ai gardé précieusement. Tout au fond de moi.

Comme ça je me dis que j'ai eu une enfance. Et des souvenirs merveilleux. Des souvenirs de nous dans le jardin, en train de nous raconter des histoires, de nous marchant pieds nus sur le goudron brûlant, de nous en train de jouer au ballon dans la cour surexcités parce que c'était interdit...

Je me rappelle de tout ça, et cet ensemble d'images approximatives est un trésor inestimable.

1 commentaire:

Lazy Ake a dit…

Je trouve que ce rappel de souvenir, c'est une chose aussi belle que triste. ^^

Moi, je pourrais me souvenir comme ça de l'ancienne bande qu'on formait entre garçon, pendant tout le primaire jusqu'à la deuxième année du collège.

J'avais redoublé, eux avaient avancés et se sont fait de nouveaux amis... Certains ont totalement lâchés le groupe et j'ai du me refaire des amis qui n'en n'était pas moins pour certains que de simples potes pour deux ans.

En partant de ça, je trouve cet article très vrai, avec un regret mitigé du passé de par ce qu'il était. (Bien et fugace)

Le top du top, je me plais à lire ça. Continues sur ce chemin. =)