Je m'ennuie à mourir et pour passer le temps je joue avec ma lèvre inférieure, je me bouffe les doigts et je réfléchis au moment où je commencerai à songer à me mettre à mon bureau pour ouvrir mon manuel d'histoire afin de palier mon niveau proche de zéro. Je pense aussi à mon niveau scolaire fragile et à mon envie d'intégrer une prépa littéraire, sachant que j'ai la désagrable impression de ne plus rien foutre dans cette vie bizarre (pléonasme?). J'ai un truc étrange sous ma langue qui me démange, qui m'énèrve, comme une sorte de petite plaie bien chiante que j'aimerais voir partir. Et puis regarder ce garçon qui me lance des regards avec des yeux étincelants et précieux comme des bijoux, des yeux qui vous envoûte d'un seul coup et de façon telle qu'il est impossible de ne pas détourner la tête presque immédiatement, de gêne, ou peut-être de trop-plein d'amour qui refuse de se laisser démasquer, c'est plutôt déstabilisant.
L'Homme a à la fois besoin de conformisme et de reconnaissance. C'est ainsi que des écrivains en herbe publient des milliers d'articles de blogs par jour (des millions?) pour dire ce qu'ils pensent ou ressentent. Mais au fond, qu'est-ce qu'on en a à foutre de cet interminable catalogue de "moi je"? Peut-être que ce qu'on recherche, c'est un soupçon d'originalité, quelques surprises, bref, un truc, n'importe lequel, qui nous sorte de notre quotidien si dramatiquement banal. Et si on ne le trouve pas, alors on s'y essaye, pour voir, pour faire comme tout le monde! Et on tourne en rond... C'est déprimant ce nombre de personnes qui écrivent: "pour en savoir plus sur mûa et ma vie, cliquez z'ici"... toujours pareil, irrémédiablement pareil, et surtout tristement conformiste.
Mais bon, après tout, si ça peut servir d'auto-thérapie pour certains individus névrosés, tant mieux. Au moins c'est gratuit et ça ne fait de mal à personne. En plus ça contribue à l'évolution darwiniste: un jour tous les descendants de l'espèce dite humaine seront en possession de vingt doigts longs de trente centimètres à chaque main pour taper plus efficacement sur le clavier, et ce n'est pas la crainte de s'emmêler les doigts qui arrêtera les hommes et leur soif de progrès. Ils aurons également un cerveau hermétiquement résistant aux crises d'épilépsie. La fatigue se fait ressentir, je ne sais même pas si la phrase précédente a un sens quelconque...
Bonne nuit, je vais me reposer les yeux, les doigts et surtout le cerveau.
vendredi 25 janvier 2008
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